La vaccination des jeunes enfants est une priorité de santé publique visant à les protéger contre des maladies infectieuses potentiellement graves. En France, certaines vaccinations sont obligatoires pour garantir une couverture immunitaire suffisante et prévenir la propagation d’épidémies. D’autres, bien que non imposées par la loi, sont fortement recommandées par les autorités sanitaires en raison de leur efficacité et de leur rôle dans la prévention de complications sévères.
Quels sont les vaccins obligatoires pour les jeunes enfants ?
Liste des 11 vaccins obligatoires avant l’âge de 2 ans
Depuis l’élargissement de l’obligation vaccinale en 2018, les nourrissons doivent recevoir onze vaccins avant leur entrée en collectivité. Ces injections couvrent des maladies potentiellement mortelles ou pouvant entraîner des séquelles graves. Chaque vaccin est administré selon un calendrier précis afin d’assurer une immunisation efficace dès le plus jeune âge.
Les vaccins obligatoires pour les jeunes enfants sont les suivants :
- La diphtérie, le tétanos et la coqueluche (DTCoq), des maladies graves pouvant provoquer des atteintes neurologiques, des troubles respiratoires et, dans le cas du tétanos, une paralysie musculaire généralisée.
- La poliomyélite, une infection virale entraînant des paralysies définitives et parfois mortelles.
- L’Haemophilus influenzae de type B, une bactérie responsable de méningites sévères et d’infections respiratoires.
- L’hépatite B, une infection virale qui peut évoluer en cirrhose ou en cancer du foie.
- Le pneumocoque, une bactérie impliquée dans de nombreuses infections invasives telles que les pneumonies, les méningites et les septicémies.
- Le méningocoque C, une cause fréquente de méningites bactériennes pouvant engendrer des complications neurologiques et des décès rapides.
- La rougeole, les oreillons et la rubéole (ROR), des infections virales souvent bénignes mais pouvant entraîner des complications graves, notamment la panencéphalite sclérosante subaiguë (rougeole) ou des atteintes neurologiques chez le fœtus en cas de rubéole congénitale.
Ces vaccins sont administrés en plusieurs doses étalées sur les deux premières années de vie, avec des rappels prévus pour renforcer l’immunité au fil du temps.
Pourquoi certains vaccins sont-ils obligatoires ?
L’obligation vaccinale ne repose pas sur une contrainte arbitraire mais sur des considérations scientifiques et épidémiologiques rigoureuses. Les maladies ciblées par ces vaccins ont en commun d’être particulièrement dangereuses pour les jeunes enfants et de présenter un fort potentiel de contagiosité.
La recrudescence de certaines maladies, notamment la rougeole, a démontré les limites d’une simple recommandation vaccinale. Avant l’élargissement de l’obligation en 2018, la couverture vaccinale était insuffisante pour empêcher les épidémies et certains foyers infectieux ont causé des hospitalisations, voire des décès évitables. En rendant ces vaccins obligatoires, les autorités de santé ont visé un taux de couverture supérieur à 95 %, seuil nécessaire pour assurer une immunité collective efficace et bloquer la circulation des agents pathogènes.
L’obligation vaccinale est également une réponse aux fausses informations et à la méfiance grandissante à l’égard des vaccins. Les campagnes de sensibilisation n’ayant pas suffi à convaincre une part significative de la population, la loi a été renforcée pour garantir une meilleure protection des enfants et des plus vulnérables.
Quels sont les vaccins recommandés pour les jeunes enfants ?
Liste des vaccins recommandés et leur utilité
Les vaccins recommandés couvrent des maladies qui, bien que non systématiquement mortelles, peuvent entraîner des complications importantes, des hospitalisations et des séquelles durables. Certains sont particulièrement indiqués pour les jeunes enfants exposés à des environnements collectifs, comme les crèches, où la transmission des infections est plus fréquente.
Les principaux vaccins recommandés pour les jeunes enfants sont :
- Le vaccin contre la grippe, conseillé chaque année, en particulier pour les enfants à risque de complications respiratoires, comme ceux souffrant d’asthme ou de maladies chroniques. La grippe peut provoquer de fortes fièvres, des complications pulmonaires et des hospitalisations chez les plus jeunes.
- Le vaccin contre le rotavirus, administré dès les premiers mois de vie, protège contre une gastro-entérite sévère très contagieuse pouvant entraîner une déshydratation rapide et nécessiter une hospitalisation.
- Le vaccin contre la varicelle, recommandé pour éviter les formes graves de la maladie, notamment chez les nourrissons et les enfants immunodéprimés. Bien que généralement bénigne, la varicelle peut entraîner des complications comme des infections cutanées, des atteintes neurologiques ou des pneumopathies.
- Le vaccin contre le méningocoque B, conseillé pour prévenir des méningites bactériennes agressives pouvant causer des séquelles neurologiques irréversibles ou être fatales en quelques heures. Ce vaccin est particulièrement important pour les nourrissons, qui sont la population la plus exposée à cette infection.
- Le vaccin contre le papillomavirus humain (HPV), généralement administré à l’adolescence, mais dont la vaccination précoce est de plus en plus encouragée pour prévenir les infections pouvant entraîner des cancers du col de l’utérus et d’autres pathologies.
Pourquoi ces vaccins ne sont-ils pas obligatoires ?
Si ces vaccins restent fortement recommandés, ils n’ont pas été intégrés aux obligations vaccinales en raison de plusieurs facteurs. D’une part, certaines de ces maladies, comme la varicelle ou la grippe, bien qu’ayant des complications possibles, restent généralement bénignes chez les enfants en bonne santé. L’impact collectif de ces infections n’est pas jugé aussi critique que celui des maladies couvertes par les vaccins obligatoires, qui ont un potentiel épidémique élevé et des conséquences sanitaires plus lourdes.
D’autre part, certaines de ces vaccinations sont relativement récentes et nécessitent encore des études approfondies pour évaluer leur efficacité à long terme dans une stratégie de vaccination généralisée. C’est le cas du vaccin contre le méningocoque B, qui protège contre une souche bactérienne spécifique, mais dont la généralisation est encore en discussion en fonction des données épidémiologiques disponibles.
Enfin, les politiques de vaccination évoluent en fonction des recommandations internationales et des résultats des campagnes de prévention. À terme, certains de ces vaccins pourraient être intégrés dans les obligations vaccinales si les autorités de santé estiment que leur généralisation est nécessaire pour renforcer la protection de la population.
Quels enfants devraient absolument recevoir ces vaccins ?
Même s’ils ne sont pas imposés par la loi, certains vaccins recommandés sont particulièrement essentiels pour des catégories d’enfants plus exposés aux infections ou aux complications sévères. Les professionnels de santé insistent sur l’importance de ces vaccinations pour les enfants présentant des risques accrus de développer des formes graves de ces maladies.
Les vaccins recommandés sont particulièrement indiqués pour :
- Les nourrissons entrant en collectivité, où les risques de transmission des maladies comme le rotavirus ou la varicelle sont très élevés.
- Les enfants atteints de maladies chroniques, comme l’asthme, les cardiopathies congénitales ou les déficiences immunitaires, qui sont plus vulnérables aux complications de la grippe ou des infections à méningocoques.
- Les enfants vivant dans des foyers où un proche est immunodéprimé, afin de limiter le risque de transmission de maladies comme la grippe ou la varicelle, qui peuvent être fatales pour ces populations.
- Les enfants voyageant dans des zones où certaines infections sont plus fréquentes, comme le méningocoque B dans certaines régions d’Europe ou d’Afrique, ou les infections à rotavirus dans des pays à faible accès à l’eau potable.
Les parents sont encouragés à discuter avec leur pédiatre ou leur médecin traitant pour évaluer les bénéfices de ces vaccinations en fonction du profil de leur enfant et des éventuels risques liés à leur exposition.
Où et comment faire vacciner son enfant ?
Où peut-on faire vacciner son enfant en France ?
La vaccination peut être réalisée dans plusieurs lieux en fonction des préférences des parents, de la situation médicale de l’enfant et des modalités d’accès aux soins. Le premier interlocuteur reste le médecin traitant ou le pédiatre, qui suit l’enfant dès la naissance et peut proposer un accompagnement personnalisé tout au long du calendrier vaccinal. Lors des consultations de suivi, le professionnel de santé évalue l’état de l’enfant, vérifie les éventuelles contre-indications temporaires et administre les vaccins nécessaires.
Les centres de Protection Maternelle et Infantile (PMI) offrent également des services de vaccination gratuits pour les enfants de moins de six ans. Ces structures, présentes dans chaque département, constituent une alternative précieuse pour les familles n’ayant pas de médecin traitant ou rencontrant des difficultés financières. Dans ces centres, les vaccins sont administrés par des médecins ou des infirmiers formés, et un suivi peut être proposé pour s’assurer du bon déroulement du calendrier vaccinal.
Quel est le calendrier vaccinal à respecter ?
Le respect du calendrier vaccinal est fondamental pour assurer une protection optimale contre les maladies ciblées. Dès les premiers mois de vie, les nourrissons reçoivent leurs premières injections, qui sont suivies de rappels espacés pour garantir une immunité durable. Ce calendrier, défini par la Haute Autorité de Santé (HAS), est régulièrement actualisé en fonction des avancées scientifiques et de l’évolution des épidémies.
Voici le calendrier vaccinal que vous pouvez consulter en cliquant sur l’image ci-dessous…

Le schéma vaccinal débute généralement à l’âge de deux mois avec l’administration des premiers vaccins obligatoires, notamment ceux contre la diphtérie, le tétanos, la coqueluche, la poliomyélite, l’Haemophilus influenzae de type B et l’hépatite B. Une seconde injection est prévue à quatre mois, suivie d’un rappel à onze mois pour renforcer l’immunisation. Le vaccin contre la rougeole, les oreillons et la rubéole (ROR) est administré en deux doses, avec une première injection à douze mois et un rappel entre seize et dix-huit mois.
Pour les vaccins recommandés, le calendrier varie en fonction des pathologies et du niveau d’exposition de l’enfant. Le vaccin contre le rotavirus est généralement proposé entre six semaines et six mois, tandis que celui contre le méningocoque B peut être administré dès l’âge de deux mois, avec plusieurs doses nécessaires pour une protection complète. La vaccination contre la grippe est recommandée chaque année, notamment pour les enfants à risque, et peut être réalisée dès l’âge de six mois.
Que faire en cas de retard vaccinal ?
En cas de retard vaccinal, il est essentiel de consulter un médecin ou un pédiatre pour mettre en place un rattrapage adapté. Certains vaccins nécessitent un espacement précis entre les doses pour garantir leur efficacité, mais des solutions existent pour régulariser la situation sans compromettre la protection de l’enfant.
Obligation des parents
Les parents ont l’obligation de suivre ce calendrier, sans quoi l’entrée en crèche ou en établissement scolaire peut être refusée en l’absence des attestations de vaccination. Cette exigence vise à protéger non seulement l’enfant concerné, mais aussi l’ensemble des enfants fréquentant ces structures.
La vaccination obligatoire constitue un pilier essentiel de la protection de l’enfance. En assurant une couverture vaccinale élevée, elle permet d’éviter des épidémies, de protéger les plus vulnérables et de garantir une meilleure santé publique sur le long terme.
Quels documents et justificatifs sont nécessaires ?
Pour assurer le suivi des vaccinations et attester du respect des obligations légales, plusieurs documents doivent être conservés et présentés lors de certaines démarches administratives. Le carnet de santé de l’enfant constitue la référence principale : chaque vaccination y est enregistrée avec la date d’administration, le nom du vaccin et le numéro de lot, permettant ainsi un suivi rigoureux et précis.
Les parents doivent également fournir un certificat de vaccination lors de l’inscription en crèche, en école maternelle ou dans tout établissement collectif accueillant de jeunes enfants. Ce document, délivré par le médecin, atteste que l’enfant est à jour dans son calendrier vaccinal et peut être admis en collectivité en toute sécurité. En l’absence de ce certificat, l’inscription peut être refusée, sauf contre-indication médicale justifiée par un professionnel de santé.
Dans certains cas, notamment pour les voyages à l’étranger, un carnet international de vaccination peut être exigé pour attester de certaines immunisations spécifiques, comme la vaccination contre la fièvre jaune. Il est donc conseillé aux parents de se renseigner auprès des autorités sanitaires en fonction de la destination prévue.
La vaccination des enfants : ce que disent les experts
Quels sont les effets secondaires des vaccins obligatoires et recommandés ?
Comme tout acte médical, la vaccination peut entraîner des effets secondaires, mais ceux-ci restent dans l’immense majorité des cas bénins et temporaires. L’administration d’un vaccin déclenche une réponse immunitaire, ce qui peut provoquer des réactions locales comme une rougeur ou un gonflement au point d’injection, ainsi que des symptômes généraux tels qu’une fièvre légère ou une fatigue passagère. Ces réactions sont le signe que l’organisme reconnaît l’antigène introduit et développe les défenses nécessaires contre la maladie.
Dans de rares cas, des effets indésirables plus marqués peuvent apparaître, comme une forte fièvre ou des réactions allergiques. Toutefois, les autorités de santé surveillent étroitement ces effets secondaires et ajustent les recommandations en fonction des données collectées. Les vaccins font l’objet d’un suivi rigoureux après leur mise sur le marché, grâce aux systèmes de pharmacovigilance permettant de signaler et d’analyser toute réaction inhabituelle.
Les études menées sur de vastes cohortes d’enfants vaccinés montrent que les risques liés aux vaccins sont infiniment moindres que ceux des maladies qu’ils permettent de prévenir. Par exemple, les complications graves de la rougeole, comme les pneumonies ou les atteintes neurologiques, sont bien plus fréquentes et dangereuses que les effets secondaires du vaccin ROR. De même, les infections à méningocoques ou à pneumocoques peuvent entraîner des séquelles lourdes, voire être fatales, alors que leurs vaccins présentent un excellent profil de tolérance.
Réponses aux idées reçues et craintes des parents
Malgré les preuves scientifiques établies, certaines inquiétudes persistent parmi les parents, souvent amplifiées par des discours alarmistes ou des théories infondées circulant sur Internet. Les experts en vaccinologie insistent sur la nécessité d’une information claire et fondée sur des bases scientifiques solides pour rassurer les familles et encourager une adhésion éclairée à la vaccination.
Les vaccins et l’autisme
L’une des préoccupations majeures concerne un possible lien entre vaccination et autisme, une thèse largement diffusée malgré son invalidation formelle par la communauté scientifique. Cette controverse prend son origine dans une étude frauduleuse publiée en 1998, depuis largement discréditée et retirée. De multiples recherches menées par des instituts indépendants ont confirmé qu’aucun lien n’existait entre le vaccin ROR et les troubles du spectre autistique. Les experts rappellent que cette désinformation a eu des conséquences dramatiques, avec une baisse de la couverture vaccinale ayant favorisé la résurgence de la rougeole dans plusieurs pays.
Les sels d’aluminium dans les vaccins
Une autre inquiétude récurrente concerne l’utilisation d’adjuvants dans les vaccins, notamment les sels d’aluminium, utilisés pour renforcer la réponse immunitaire. De nombreuses études ont démontré que la quantité d’aluminium contenue dans les vaccins est bien inférieure aux doses pouvant représenter un danger pour l’organisme. Le corps humain est exposé quotidiennement à des quantités d’aluminium bien plus élevées à travers l’alimentation et l’environnement sans que cela ne pose de problème de santé. Les experts soulignent également que les vaccins sans adjuvants ne génèrent pas toujours une protection immunitaire suffisante, justifiant ainsi leur utilisation.
Surcharge du système immunitaire lié aux vaccins
Enfin, la question de l’espacement des vaccinations revient fréquemment dans les débats. Certains parents craignent que l’administration simultanée de plusieurs vaccins ne surcharge le système immunitaire de leur enfant. Or, les études scientifiques montrent que le système immunitaire des nourrissons est parfaitement capable de gérer l’exposition à plusieurs antigènes à la fois. Les recommandations actuelles en matière de calendrier vaccinal sont basées sur des données solides garantissant à la fois l’efficacité des vaccins et leur innocuité.

Comment les experts évaluent-ils l’efficacité et la sécurité des vaccins ?
Les vaccins font l’objet d’un développement et d’une évaluation extrêmement rigoureux avant leur mise sur le marché. Leur efficacité et leur sécurité sont testées à travers plusieurs phases d’essais cliniques impliquant des milliers de participants. Ces essais permettent d’évaluer la réponse immunitaire générée, la durée de protection offerte et les éventuels effets secondaires à court et moyen terme.
Les agences de régulation
Avant d’être autorisés, les vaccins doivent obtenir l’aval des agences de régulation, telles que l’Agence européenne des médicaments (EMA) ou l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) en France. Une fois commercialisés, ils continuent d’être surveillés grâce aux systèmes de pharmacovigilance permettant de signaler et d’analyser tout effet indésirable inattendu.
Les experts en épidémiologie
Les experts en épidémiologie s’appuient également sur des données de terrain pour évaluer l’impact des campagnes de vaccination. En observant l’évolution des taux d’infection dans les populations vaccinées et non vaccinées, ils peuvent mesurer l’efficacité des stratégies de prévention et ajuster les recommandations en fonction des résultats obtenus. L’exemple du vaccin contre la méningite à méningocoques illustre bien cette approche : après son introduction dans plusieurs pays, les chercheurs ont constaté une réduction spectaculaire du nombre de cas et d’hospitalisations liées à cette infection.
Pour résumer
La vaccination repose donc sur un consensus scientifique solide, basé sur des décennies de recherches et d’observations épidémiologiques. Les experts en santé publique rappellent que son bénéfice dépasse largement les risques potentiels et que chaque avancée dans ce domaine permet de protéger des millions d’enfants contre des maladies qui, sans immunisation, resteraient une menace majeure. La confiance dans la vaccination repose sur une information transparente et un suivi rigoureux des protocoles scientifiques, garantissant ainsi un niveau de sécurité et d’efficacité optimal pour les générations futures.
Vaccination et collectivité : ce que doivent savoir les professionnels de la petite enfance
Vaccins et admission en crèche : quelles sont les règles ?
Depuis l’entrée en vigueur de la loi élargissant l’obligation vaccinale en 2018, tout enfant accueilli en collectivité doit être à jour de ses vaccinations obligatoires. Cette mesure vise à protéger les enfants eux-mêmes, mais aussi l’ensemble du groupe en réduisant le risque de propagation des maladies infectieuses. Les établissements de la petite enfance, qu’ils soient publics ou privés, doivent ainsi exiger un justificatif de vaccination avant d’admettre un enfant dans leurs locaux.
Le carnet de santé ou un certificat de vaccination délivré par un médecin fait office de preuve que l’enfant a bien reçu les onze vaccins obligatoires. Sans ce document, l’entrée en crèche ou chez une assistante maternelle peut être refusée, sauf en cas de contre-indication médicale justifiée par un professionnel de santé. Cette réglementation permet de garantir une couverture vaccinale élevée et de limiter le risque de foyers épidémiques au sein des structures d’accueil.
Certaines collectivités vont encore plus loin en recommandant également des vaccinations facultatives, comme celles contre la grippe ou la varicelle, afin de renforcer la protection des enfants et des professionnels. Ces recommandations peuvent être particulièrement pertinentes en cas d’épidémie locale ou de vulnérabilité accrue de certains enfants accueillis, notamment ceux souffrant de pathologies chroniques.
Quel rôle pour les assistantes maternelles et les professionnels de la petite enfance ?
Les professionnels de la petite enfance ont une responsabilité particulière en matière de prévention des maladies infectieuses. Au-delà de l’application stricte des obligations vaccinales, ils ont un rôle éducatif essentiel auprès des familles pour expliquer l’importance de la vaccination et dissiper d’éventuelles inquiétudes.
L’un des premiers leviers d’action est l’information et la sensibilisation des parents. En expliquant clairement pourquoi la vaccination est indispensable, comment elle fonctionne et quels sont ses bénéfices, les professionnels contribuent à une meilleure adhésion des familles aux recommandations sanitaires. Certaines réticences sont parfois liées à un manque d’information ou à la circulation de fausses croyances, et un dialogue bienveillant peut permettre de répondre aux interrogations des parents avec des données factuelles et rassurantes.
Les assistantes maternelles, en tant qu’actrices clés de l’accueil individuel, doivent également veiller à leur propre protection vaccinale. Certaines vaccinations, comme la coqueluche, sont fortement recommandées pour les adultes en contact régulier avec des nourrissons, afin d’éviter d’être un vecteur de transmission. Le vaccin contre la grippe est également conseillé chaque année, particulièrement dans les structures accueillant des enfants de moins de deux ans, plus vulnérables aux complications de cette infection saisonnière.
Que faire en cas de refus de vaccination d’un enfant accueilli ?
Malgré l’obligation vaccinale, certains parents expriment des réticences et refusent de faire vacciner leur enfant. Dans les structures collectives, ce refus constitue un motif d’exclusion, car il met en péril la sécurité sanitaire des autres enfants accueillis. Si un doute subsiste sur la conformité vaccinale d’un enfant, les professionnels peuvent orienter les familles vers leur médecin traitant ou un centre de vaccination pour obtenir des informations complémentaires et mettre à jour les vaccinations requises.
Les assistantes maternelles sont concernées par les mêmes « Obligations » que les établissement d’accueil des jeunes enfants (EAJE) à savoir qu’elles doivent s’assurer que les enfants accueillis chez elles sont à jour de leur vaccination, sous peine de « retrait de leur agrément ». Il est donc recommandé d’évoquer cette question dès les premiers échanges avec les familles, afin d’éviter tout malentendu. Cette précaution permet de garantir une transparence totale et de prévenir d’éventuelles tensions ultérieures.
Comment accompagner les parents dans le suivi des vaccinations ?
Au-delà de leur rôle de prévention, les professionnels de la petite enfance peuvent aussi accompagner les parents dans le suivi du calendrier vaccinal de leur enfant. Certains parents, par manque d’information ou de disponibilité, peuvent avoir des difficultés à respecter les échéances des rappels vaccinaux.
Les crèches et structures d’accueil peuvent mettre en place des rappels réguliers auprès des familles, sous forme d’affichages ou de communications personnalisées, pour les informer des échéances vaccinales à venir. Les professionnels peuvent également orienter les parents vers les services de PMI ou les centres de vaccination municipaux en cas de difficulté d’accès aux soins.
Conclusion
La vaccination des jeunes enfants est une pierre angulaire de la prévention des maladies infectieuses et de la protection collective. En garantissant une couverture vaccinale élevée, nous réduisons non seulement les risques individuels, mais nous contribuons aussi à la sécurité sanitaire des structures d’accueil de la petite enfance. Comprendre les vaccins obligatoires et recommandés, respecter le calendrier vaccinal et accompagner les familles dans cette démarche sont autant de missions essentielles pour les professionnels du secteur.
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Vos questions sur les vaccins
En France, depuis 2018, 11 vaccins sont obligatoires avant l’âge de 2 ans pour les jeunes enfants. Ces vaccins protègent contre la diphtérie, le tétanos, la coqueluche, la poliomyélite, l’Haemophilus influenzae B, l’hépatite B, le pneumocoque, le méningocoque C, la rougeole, les oreillons et la rubéole.
Les vaccins obligatoires ciblent des maladies présentant un fort risque de complications graves et de transmission élevée. Les vaccins recommandés concernent des infections qui, bien que potentiellement dangereuses, ne justifient pas une obligation légale selon les autorités de santé. Cependant, ces vaccins restent fortement conseillés pour protéger les enfants et la collectivité.
Le calendrier vaccinal prévoit une première injection dès l’âge de 2 mois, suivie d’un rappel à 4 mois, puis d’un autre à 11 mois. Le vaccin ROR (Rougeole-Oreillons-Rubéole) est administré à 12 mois avec un rappel entre 16 et 18 mois. Certains rappels sont nécessaires plus tard, à l’adolescence, pour prolonger la protection.
Les parents peuvent faire vacciner leur enfant chez leur médecin traitant ou pédiatre, dans un centre de Protection Maternelle et Infantile (PMI) ou dans un centre de vaccination public. Certains vaccins peuvent également être administrés en pharmacie sous certaines conditions.
Les effets secondaires des vaccins sont généralement bénins et temporaires : une légère fièvre, une rougeur ou un gonflement au point d’injection. Dans de très rares cas, des réactions allergiques peuvent survenir, mais elles sont surveillées par les autorités sanitaires via les systèmes de pharmacovigilance.
Non, la vaccination est une obligation légale en France. Un enfant ne peut être admis en crèche ou à l’école sans justificatif de vaccination. Seules des contre-indications médicales, attestées par un médecin, peuvent justifier une exemption.
En cas de retard vaccinal, il est possible de mettre en place un rattrapage en consultant un médecin ou un centre de vaccination. Le schéma vaccinal peut être adapté pour assurer une immunisation efficace sans compromettre la protection de l’enfant.
Oui, c’est grâce à la vaccination que ces maladies sont devenues rares. Si la couverture vaccinale diminue, certaines infections comme la rougeole peuvent réapparaître sous forme d’épidémies, mettant en danger les enfants non vaccinés et les personnes immunodéprimées.
Les crèches et assistantes maternelles doivent vérifier que les enfants accueillis sont à jour de leurs vaccins obligatoires. Elles jouent aussi un rôle de sensibilisation auprès des familles en expliquant l’importance de la vaccination pour la santé des enfants et de la collectivité.

